ANNÉES DE GUERRE AUX PHILIPPINES 1941-1945 (LXX)

Mardi 13-2-1945. Un peu plus calme, semble- t-il. Pas d’alerte sérieuse au camp depuis avant- dernière nuit, quoique les tirs d’artillerie américaine, les feux, les explosions continuent sans trêve. Tous les malades des hôpitaux du camp (civils, internés) ont été évacués au Quezon Institute. La bataille fait toujours rage dans l’Ermita. Les rares nouvelles qui nous en parviennent dépeignent d’affreuses scènes. Philippins, Européens, impitoyablement massacrés par Japs, ou obligés de rester dans immeubles dynamités, ou servant de bouclier aux défenseurs japs. Ceux-ci impitoyables et résolus à se défendre jusqu’à la mort. Armand Hertzog tué. Mme Le Rouget blessée par morceau shrapnell qui a touché la maison Bachrach à Manga Ave. Aucune nouvelle Georges Islanian. Et son frère commence à s’inquiéter. Avions Kay à déjeuner. Toute triste encore de ce que son mari n’était pas à Cabanatuan avec le reste des prisonniers. Probablement envoyé au Japon. Les Américains ont tenté sur Santo Tomas un vrai coup de main, ne venant qu’au nombre de 800, par surprise, à allure rapide et avant que les Japs aient eu le temps de faire sauter les ponts. Pendant vingt-quatre heures, jusqu’à ce que le reste de la division arrive nous n’étions protégés que par ce mince et hardi contingent. Anne revient de l’hôpital où elle a vu les premiers blessés d’Ermita arrivés. Dans un état pitoyable paraît-il, faces noircies, yeux hagards. Beaucoup de Philippins. D’Ermita il ne reste rien. « Fiat. »

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16-2-1945. Dernières journées plus calmes. Le camp n’a plus été « shelled » malgré quelques alertes, dont une hier à 5 heures du matin (sommes restés shanty, malgré injonctions données par haut-parleur d’aller au building), et quoique la bataille au sud de Manille continue accompagnée d’explosions, de canonnade, de feux, de nouvelles contradictoires quant au progrès des opérations, de rapports concordants mais peut-être exagérés sur les atrocités commises par les Japonais retranchés dans immeubles encore debout ou sous les ruines… Avant-hier soir, première séance de cinéma, derrière le Main building, du côté des dining sheds. Film médiocre, acoustique déplorable, foule, chaleur, bruit des obus, beaucoup d’enfants juchés sur toit fragile des dining sheds… Il y aura séance chaque soir. Qui reverrait de pareilles choses en Europe ? Une armée se déplaçant avec ses films, ses disques, son chewing-gum… Il est vrai qu’en France nous avons le BMC… Passe mon temps à la ligne, à manger, à aller voir le menu, à chercher de l’eau, provenant de gros camions citernes placés à l’entrée nord du camp, et maniés par d’énormes et flegmatiques soldats nègres dont voix chantante est bien celle à laquelle nous ont habitués les films américains sur le Sud.

Problème de l’eau se pose à la saison la moins propice. Depuis trois jours il fait très chaud, il y a beaucoup de poussière, les cabinets ne fonctionnent plus, les Philippins ont creuse des feuillées dans le jardin du camp dont émanent, par vagues, des odeurs nauséabondes. Les repas sont toujours fort bons quoique parfois un peu courts. Au petit déjeuner ce matin des œufs brouillés, d’Amérique. Visite hier et avant- hier d’un sergent, amusant par sa loquacité et par l’intérêt enthousiaste qu’il semble porter à chaque sujet qu’il aborde, et il en aborde de multiples sans nous laisser, Anne et moi, le temps de répondre ou de faire entendre notre point de vue. Il paraît admirer beaucoup tout ce qui touche à la Russie, au point de vue mili-taire, politique, social, artistique. Sa verve nous change de l’apathie habituelle des internés. « Tempo » dont j’ai perdu l’habitude.

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Passe aussi beaucoup de temps à lire les revues. Life, Time, Reader s D. Premiers regards sur le monde nouveau, pas si nouveau du reste car ces revues sont pleines des différends qui cou-vent ou éclatent en Europe, en Chine, entre les Alliés. Ne m’attendais pas à une telle anarchie dans ces pays libérés. Quant au reste, la civilisation a suivi son cours, nouveaux films de cinéma, nouvelles découvertes médicales, nouveaux snobismes mais rien de très spectaculaire, semble-t-il, de ce côté-là. Hier ai signé un affidavit pour USAFFE.

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